De la solitude dans la tôle froissée
Avec un titre poétique tel que Le sablier des solitudes, Jean-Simon Desrochers nous surprend
encore. Ses personnages se retrouvent dans un carambolage mortel sur une route
du Québec en plein hiver. Il nous décrit cette solitude qui nous assaille
lorsque nous sommes à deux doigts de la mort dans la tôle froissée d’une
voiture. Comme il l’avait fait précédemment dans La canicule des pauvres, les chapitres sont courts, percutants et
le lecteur a accès à une forme «clippée» de la vie des personnages comme si l’auteur
voulait nous décrire ces instants fuyants qui les traversent.
Treize personnages unit dans un accident de la route dans le froid de l'hiver québécois qui sera décrit dans le moindre détail comme un film au ralenti : une militaire en choc post-traumatique, une massothérapeute
qui est par la force des choses une masseuse, un ministre qui a soif de sexe,
un camionneur ex-bourreau pour ne nommer que ceux-là.
Desrochers s’intéresse à l’humain dans ce qu’il a de plus
sombre : la solitude, la mort, le temps qui fuit. D’où le titre, Le sablier des solitudes. C’est un
autre très grand roman d’un auteur québécois qui a déjà terminé son troisième
roman et en prépare un quatrième.
