Fondée en 2004 par Kim Doré et Jean-François Poupart, Poètes de brousse est une petite maison d’édition montréalaise consacrée à la poésie. Leur catalogue nous présente une jolie collection de recueils de poésie tous plus intéressants les uns que les autres.
Je me suis procurée
Petite Fille brochée au ciel de Catherine Harton. Je dois admettre que c'est le titre qui m'a accrochée.
Extrait :
"Comptines de bêtes à mâcher
ce sont nos voix
qui ne caressent plus
l'inconsolable"
En lisant Harton, on croirait entendre la voix d'une enfant surdouée. Jeux d'enfants, jeux de mots avec le thème de l'enfance et de la mort qui n'est jamais trop loin. Il y a des blessures et la langue du poète est un mélange de dureté et de tendresse.
Extrait:
" Vois je ne porte plus l'araignée en mes cheveux
à dégriser l'aube sa mue elle-même épinglée au carrelage
maquillage qui nous rajuste le corps à temps perdu
leur ricanement décrète l'incendie au bas de l'échelle
sans myocarde combien d'abdomens où prolifère l'amour
cette argile ne fait pas terrain d'exception
avec le sang du vol plané
nos faux-pas en rajoutent
tendresse d'électrochocs tracée au stencil"
Harton comme une véritable poète écrit avec son corps et son sang. Écrire fait partie de sa chair.
"je parle je ne saigne plus correctement
je parle monosyllabique
je parle des infections
je parle végétale
Je parle comme on décapite les livres
à voix basse"
Je suis bien d'accord : la poésie doit être un murmure qui déchire. Avec une langue sans achoppement, on chuchote les meurtrissures et les blessures. Crier sans crier. Voilà la puissance de la poésie.
Harton possède une voix et une approche uniques. Elle mérite que l'on s'attarde à son écriture. Il ne faudrait surtout pas que Harton arrête d'écrire. Je suis certaine qu'elle a encore beaucoup de secrets à nous murmurer.
Catherine Harton est née à Montréal en 1983. Ce recueil est son premier livre.
Twit This!